Grève chez Decathlon France : la colère monte ?
Performances affichées. Salariés oubliés ?
Un bénéfice net de 910 millions d’euros.
DECATHLON,50 ans d'aventures partagées ou pas
Ce samedi 6 juin, les salariés de Decathlon sont appelés à une mobilisation nationale.
À Moulins, Bourges, Nevers et partout en France, des salariés de Decathlon se mobilisent pour réclamer de meilleurs salaires et un partage plus juste des bénéfices.
Au quotidien, préférez les transpors en commun ? Non, rien à voir ???? Chaque jour vous y allez ou presque : Derrière Decathlon, c’est aussi la galaxie Mulliez qui interroge : Auchan, Leroy Merlin, Boulanger, Kiabi, Norauto, Electro Dépôt, Flunch, Jules, Saint-Maclou, Midas, Pimkie, Brice, Bricoman, Weldom, 3 brasseurs...
Une grève qui ne tombe pas du ciel, ni d’un simple désaccord de couloir.
Elle s’inscrit dans un climat social tendu autour des salaires, du pouvoir d’achat et du partage de la valeur dans l’une des enseignes les plus rentables de la galaxie Mulliez.
Car Decathlon, ce n’est pas une petite boutique de sport en bord de route.
Le groupe a annoncé pour 2025 un chiffre d’affaires de 16,8 milliards d’euros et un bénéfice net de 910 millions d’euros.
Des résultats solides, en hausse, qui contrastent avec le ressenti d’une partie des salariés, lesquels réclament une meilleure reconnaissance financière de leur travail.
Derrière Decathlon, il y a un nom bien connu du commerce français : Mulliez. Une famille, une galaxie, presque un continent économique.
Auchan, Leroy Merlin, Decathlon, Kiabi, Norauto, Boulanger, Flunch, Saint-Maclou, Electro Dépôt, Weldom, Bricoman, Midas ou encore d’autres enseignes liées historiquement ou économiquement à cet univers familial.
Un empire discret, très présent dans le quotidien des Français, du caddie au vélo, de la perceuse au tee-shirt, du pneu au sandwich.
Le problème soulevé par les syndicats est simple : quand les résultats sont bons, qui en profite vraiment ?
En décembre 2024, une première colère avait éclaté chez Decathlon après l’annonce d’un milliard d’euros versé à l’Association familiale Mulliez.
La direction avait alors expliqué qu’il ne s’agissait pas d’argent directement mis dans la poche des actionnaires, mais de remontées de réserves destinées à financer d’autres activités du groupe.
Une justification qui n’avait pas convaincu les salariés mobilisés, déjà remontés contre des salaires jugés trop bas et une reconnaissance insuffisante.
Depuis, la tension n’a pas disparu. Au contraire. Les syndicats parlent de pouvoir d’achat en recul, de bénéfices qui s’accumulent, et d’un partage de la valeur qu’ils jugent déséquilibré.
Dans plusieurs magasins, les salariés dénoncent aussi des conditions de travail plus lourdes, davantage de polyvalence, plus de commandes à traiter, plus de pression commerciale, mais pas toujours plus de salaire au bout du mois.
La situation interroge d’autant plus que la galaxie Mulliez traverse aussi des secousses sociales ailleurs.
Chez Auchan, un vaste plan social avait été annoncé en 2024, avec près de 2 400 emplois menacés en France.
Là encore, les syndicats ont pointé le paradoxe d’un groupe familial puissant, présent dans des secteurs dominants, mais dont les salariés se retrouvent parfois en première ligne des économies.
Ce mouvement chez Decathlon pose donc une question plus large : dans les grandes enseignes françaises, la réussite économique doit-elle d’abord servir les actionnaires, les investissements internes, ou aussi celles et ceux qui font tourner les magasins, les entrepôts, les rayons et les caisses ?
Les marques de la galaxie Mulliez occupent une place immense dans le paysage commercial français.
Elles dominent ou pèsent lourd dans le sport, le bricolage, l’alimentation, l’équipement de la maison, l’automobile, la mode ou la restauration.
Mais cette puissance économique se heurte aujourd’hui à une revendication très concrète : les salariés veulent leur part.
Pour les syndicats, il ne s’agit pas seulement d’un mouvement chez Decathlon.
C’est un symbole. Celui d’un modèle où les bénéfices montent, où les marques restent populaires, où les clients remplissent les magasins, mais où les salariés estiment ne pas voir suffisamment la couleur de cette réussite.
Ce samedi 6 juin 2026, la grève Decathlon pourrait donc fonctionner comme un signal.
Pas seulement contre une enseigne, mais contre une logique : celle d’un commerce géant, rentable, omniprésent, qui demande toujours plus d’efforts à ses équipes tout en leur expliquant que le moment n’est jamais vraiment venu de mieux partager.
Chez Decathlon, les salariés ne demandent pas la lune. Ils demandent que la performance ne soit pas seulement une belle ligne dans un rapport annuel, mais aussi quelques euros de plus sur la fiche de paie.
Et dans un empire commercial où tout se vend, du casque de vélo au pot de peinture, la question qui reste en rayon est finalement assez simple : à quel prix humain fabrique-t-on les bonnes affaires ?
Yanis B.