Pro D2 – Journée 29 | Stade du Pré Fleuri, 8 mai 2026
Avant d'entrer dans le vif du sujet, posons le décor.
Sur près de 2 000 clubs de rugby en France, l'USON Nevers Rugby fait partie des 28 équipes professionnelles qui évoluent en Pro D2.
Dix années consécutives à ce niveau, dans un département rural, portées par un président investi corps et âme et une ville passionnée.
Ce n'est pas rien. Ce n'est même pas donné à tout le monde. Et ça mérite d'être rappelé, même dans les soirs difficiles.
Devant un Stade du Pré Fleuri plein à craquer, guichets fermés, les Jaunets ont livré un match à double visage.
La première période est prometteuse : les avants nivernais dominent les débats, l'équipe montre du caractère, de la vitesse et repart aux vestiaires avec un avantage (19-14).
L'espoir est là.
Puis la seconde période bascule. Oyonnax, équipe structurée et méthodique, prend les commandes et ne les lâche plus.
Les visiteurs s'offrent même le bonus offensif, infligeant 33 points sans réponse aux locaux.
Score final : 19-47. Un écart qui fait mal, surtout à domicile, surtout ce soir-là.
Le verdict tombe en même temps que le coup de sifflet final à Bendichou : Colomiers bat Mont-de-Marsan 19-13.
Les Montois, qui auraient pu égaliser sur une pénalité en fin de match, choisissent la touche.
Ce choix offre mathématiquement le maintien à l'USON.
Un maintien par procuration, qui dit beaucoup de la saison écoulée.
Béziers, Dax et le SAXV Charente Rugby sont également maintenus en ProD2 pour la prochaine saison.
Le manager de l'USON n'a pas cherché à enjoliver la réalité en conférence de presse.
Soulagé pour le club et son président, mais sévère sur le fond, une impression d' "école maternelle" avec des joueurs en retard dès le matin même un jour de match.
« C'est pas bien. Le club est maintenu, je suis content, je suis content pour la ville, c'est important d'être en Pro D2, l'USON est un acteur économique important, il y a du monde au stade.
Mais la fin est catastrophique. Heureusement que Mont-de-Marsan est allé en touche à Colomiers à la fin du match plutôt que de tenter la pénalité.
On n'a quasiment jamais réussi à faire trois matches d'affilée accomplis cette saison, trop d'inconstance.
Trop de joueurs se sont servis du club plutôt que le servir.
Je suis soulagé pour Régis Dumange et sa famille mais prendre 50 points à la maison sur un match où tu joues ta survie... Je ne sais pas ce qu'on a fait.
Ce n'est pas pro, on est inconstant, irrégulier, il n'y a pas d'esprit d'équipe. Il faut tout le temps rappeler les règles.
Encore deux mecs en retard aujourd'hui, ce n'est pas possible.
J'ai trop l'impression qu'on se sert du club et pas qu'on sert le club. C'est insupportable. »
Sur son propre avenir, le manager reste prudent : « Pour mon avenir personnel, on va discuter avec le club. »
L'ouvreur Yohan Le Bourhis, qui quitte le club en fin de saison après de nombreuses années de loyaux services, a pris la parole avec sincérité et émotion :
« C'est le soulagement du maintien qui prime car cela va faire 10 ans que le club est en Pro D2, mais il y a un goût amer avec cette défaite.
On a eu le droit à un discours assez dur de Xavier Péméja dans le vestiaire car le président met tout en place.
Aujourd'hui, c'est Colomiers qui nous sauve, il n'y a pas de quoi être fier. Il faudra être plus professionnels sur 80 minutes la saison prochaine.
Quand j'ai annoncé que j'arrêtais, je pensais être plus relâché pour les derniers matches mais la situation a fait que cela a été compliqué. Ce furent des moments durs mais ça forme un homme. »
Le deuxième ligne n'a pas non plus cherché à masquer la réalité :
« Les sentiments sont partagés, toutes les conditions étaient réunies pour passer une belle soirée mais...
En première période, on a su remettre la main sur le ballon, on a réussi à les déplacer mais on n'a pas réussi à le faire en deuxième période.
Cette saison, on est rentré dans un cercle vicieux. Le club reste en Pro D2, c'est l'important. Il va falloir trouver cette régularité la saison prochaine. »
Charlie Francoz, l'ancien Biarrot, poursuit l'aventure avec l'USON pour une année de plus.
Au micro de NVS Radio et sur les réseaux, les supporters ont exprimé des sentiments mêlés de soulagement, de déception et d'espoir.
« Le maintien c'est l'essentiel, mais on n'a clairement pas montré le niveau qu'on attendait ce soir. La deuxième période était difficile à regarder. » — François
« L'USON dans la Nièvre, c'est bien plus qu'un club de rugby. On sera là l'année prochaine, et on espère voir une équipe qui se bat sur 80 minutes. » — Martine
« Soulagés oui, mais ce n'est pas comme ça qu'on voulait se maintenir. Il y a du boulot cet été au niveau du recrutement. » — Julien
« Dix ans en Pro D2 dans un département comme le nôtre, c'est une fierté. Mais il va falloir repartir sur des bases solides la saison prochaine. » — Christine
« On a vu une belle première période, et puis tout s'est effondré. C'est l'image de cette saison. Espérons que l'été apporte du changement. » — Thierry
« Je suis déçu bien sûr, mais faut relativiser : combien de villes de la taille de Nevers ont une équipe en Pro D2 ? On a de la chance et il faut s'en souvenir. » — Alain
La saison régulière n'est pas tout à fait terminée.
Un dernier déplacement à Brive attend les Jaunets vendredi 15 mai pour la journée 30.
Xavier Péméja l'a dit clairement : « À Brive, je veux voir des mecs qui se battent. » Le ton est donné.
L'USON Nevers sera bien en Pro D2 la saison prochaine. Et c'est déjà une belle victoire pour la Nièvre entière.
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